Hasard bleu

Tirer au hasard 3 phrases, les insérer dans un texte ainsi que le mot « hasard ».

Les 3 phrases que j’ai tirées:

-Sa main serra la mienne un peu plus fort.

-J’évitais les miroirs et le regard des gens.

-J’étais muré en moi-même

Bleu

Au loin, elle crut discerner comme un vague brouillard, elle eut la sensation de s’extraire avec difficulté d’un halo bleuté.

Elle flottait dans un état intermédiaire, elle était à la fois hors de son corps, et ligotée à celui-ci, absente et présente, ici et dans un ailleurs qu’elle ne comprenait pas.

Son corps, douloureux à l’extrême, garrotté par des tuyaux et prisonnier de carcans ne semblait plus lui appartenir. Il lui était impossible de bouger, seuls ses yeux, quoique douloureux conservaient une certaine mobilité. Elle ignorait le lieu où elle était, un sentiment de panique la submergea. Sa bouche était encombrée de tuyaux, elle était murée en elle-même, dans l’incapacité d’émettre le moindre son, d’échanger le moindre mot. Rien. Aucun souvenir, aucune image. Une ombre se pencha sur son lit et murmura: » ça y est, elle revient parmi nous ».

Une main serra la sienne un peu plus fort, comme pour lui signifier une présence ou peut-être pour tester ses réflexes. Puis, d’un geste qu’elle souhaitait apaisant, la dame blanche caressa sa main et lui dit avec douceur: » Mon pauvre petit, il va vous falloir du courage ».

Des odeurs de désinfectant, le blanc de la chambre, ce qu’elle percevait de son corps empêché, autant d’éléments qui donnaient du sens au mot hôpital. Un homme s’approcha de son chevet et elle perçut plus qu’elle n’entendit les mots: voiture-chauffard-hasard-brûlure et brusquement elle referma ses yeux. Elle ne voulait plus entendre, elle ne voulait plus savoir, elle voulait repartir la bas dans la lumière bleue, elle ne voulait pas d’une vie à éviter les miroirs et le regard des gens.

                                                                       Marie