Abandonner

Abandonner

 L’enfant se réveille à peine et marche. Il marche dans sa tête. Il marche et découvre les traces de l’abandon sur les parois du chemin. L’enfant se met à courir, s’essouffle. L’abandon le rattrape. Alors il comprend qu’il ne lui sert à rien de courir. Il respire. Calmement. Il reprend son souffle. L’enfant ouvre les paupières et se lève.

Rester debout et accepter. Accepter le réel. Ne pas le fuir pour ne pas retourner dans la douleur. Parler, toucher, embrasser. Parce que l’abandon ne parle pas, ne touche pas, n’embrasse pas. L’abandon a les lèvres acides.

Aujourd’hui, l’enfant ne veut plus marcher dans sa tête. Il se lève et avance en abandonnant l’abandon.

Aline Bertaudon

3 réflexions sur « Abandonner »

  1. Merci, c’est émouvant et ça nous fait écho car nous sommes un peu cet enfant et nous avons tous vécu cet abandon originel, ce cordon ombilical coupé de notre Mère qui nous laisse seul sur le rivage de la vie. Une fois apaisé en nous et notre fragile solitude nous nous levons et bâtissons notre propre structure relié à la matrice universelle.

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