Monsieur le Député Maire

Monsieur le Député Maire,

J’imagine facilement votre air agacé pour ne pas dire accablé quand vous allez trouver mon courrier dans votre beau parapheur de cuir relié. Bien calé dans votre fauteuil, vous allez soupirer, pesté, puis exaspéré rappeler votre Directeur de Cabinet.

Entre une demande d’intervention pour une place en crèche et une autre pour des places gratuites au stade, s’est glissé votre cauchemar régulier, Alphonse DELAVAGUE, Président de l’Association de Défense de vos Administrés.

Si vous aviez pris le temps de m’écouter, nous n’en serions pas là. Vous avez décidé de m’ignorer, pis de me mépriser. Faut-il vous rappeler le nombre de requêtes officielles ou celui des manifestations autorisées voire interdites par votre complice Monsieur le Préfet. Quarante-trois, quarante-trois Monsieur le Député Maire, depuis le début de votre mandat et vous le savez : je compte juste.

A ce jour, toutes nos demandes sont restées lettre morte.

Vous n’avez jamais voulu envisager ne serait-ce que l’hypothèse d’un second pont pour désenclaver notre petite ville. Vos priorités étaient ailleurs, on se demande bien où au demeurant?Hier, Monsieur le Député Maire votre attentisme a tué. Une femme est morte car ce second pont n’existe pas. Je connais vos arguments, le manque de moyen de la Police, le laxisme de la psychiatrie française, etc… Ils ne tiennent pas. Non, cette femme n’est pas morte car le destin a placé sur son chemin un dangereux aliéné. N’accusez pas ce pauvre bougre, il est irresponsable de toute façon.

Le seul responsable, le seul coupable, c’est vous!

Vous porterez pour l’éternité ce fardeau tel Sisyphe son rocher. Tous vos beaux discours, voire votre éloge funèbre ne rendront pas cette innocente victime aux siens, cette mère à ses enfants.

Je vous en conjure une dernière fois annoncez sans tarder la construction de ce nouveau pont et puisque vous n’êtes pas à un exercice de démagogie près : baptisez le du nom de la suppliciée. Ainsi, avec le temps le chagrin de vos administrés disparaitra au profit du bonheur de vivre dans une ville désenclavée.

Veuillez agréer, Monsieur le Député Maire, l’expression de mes salutations attristées.

Votre bien obligé,

 Alphonse DELAVAGUE

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