C’est une maison bleue

C’est une maison bleue, accrochée à la colline, on y vient à pied.

C’est une maison verte, au milieu de la forêt, oubliée des hommes, happée par le lierre et le chèvrefeuille.

C’est une maison rouge, battue par les vents, on y fait du feu.

Sur les pages de mon carnet à pastels, j’ai dessiné des maisons colorées – quatre traits pour les murs, trois pour le toit, deux rectangles à croisillons pour les fenêtres –

Pour chacune j’ai crayonné jardin, ciel, chemin.

Pour chacune j’ai inventé une vie, une vie, là-bas au loin, une vie, ici, tout près et une autre, ailleurs.

Pour chacune j’ai omis de dessiner la porte.

Je feuillette mon carnet à dessin, et je cherche la vie qui me conviendrait, ici, au loin ou ailleurs. Une vie en hiver avec quelques flocons de neige, et du vent pour que la fumée de la cheminée s’échappe du cadre. Une vie au printemps pour que le chèvrefeuille embaume l’air environnant. Une vie en été pour ne plus allumer la cheminée et que le jardin résonne de cris et de chants.

Je feuillette mon carnet à dessin, parviendrai-je à dessiner une porte ? Une porte rouge, verte ou bleue, une porte entrouverte pour me donner l’envie de passer le seuil ?

 

Véronique

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