Qui es-tu ?

Qui es-tu ? Toi, au loin, sous cette lumière vacillante, que regardes-tu ? Me vois-tu ? Impossible. Tu es seul et la solitude empêche de voir l’autre. Je te vois et tu ne me vois pas. Tu ne me vois pas parce que je suis dans l’ombre. Ma flamme s’est éteinte. Regarde-moi. Regarde le vide qui est en moi. Il est vaste et insondable. Réchauffe-moi, toi, au loin, qui ne me vois pas. Oublie-toi et pense à moi. Regarde-moi. Je t’en prie. Ouvre les yeux. Déploie tes paupières. Fais vaciller tes cils. Donne du vent à ton regard et porte-le vers moi. Souffle. Respire et souffle. Apporte-moi la chaleur que je n’ai plus. Qui suis-je ? Ne pas savoir qui on est c’est aussi ne pas savoir qui est l’autre. Parce que l’autre c’est nous. Et ce nous est aussi vaste et insondable que le vide que l’on a en soi. Je suis ton reflet. Mensonges. Nul n’est le reflet de l’autre. Seulement des similitudes. Le vide, encore et toujours, toujours plus grand. Vacillante, je me plais à fixer ta flamme. Droite et sûre, elle éclaire ton visage. Tu ne te vois pas et moi je n’ai que ton reflet dans mes yeux. Et j’aime ton visage adoucit par ta flamme. Ton visage m’apaise. Tes paupières baissées, elles méditent sur les lumières vacillantes des autres. Frêle. J’ai froid mais je n’ai plus peur. Tes paupières protègent ceux qui ne te voient pas. Ce soir, je te vois parce que je suis dans l’ombre. Ce soir, j’oublie ma solitude. Je me suis échouée sur moi-même et toi tu es là, au loin, immobile, serein et tes paupières mi-closes n’attendent que moi pour se fermer.

Aline

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