Réponse / Monsieur le vieux loup des mers

Monsieur le vieux loup des mers,
J’ai bien failli déchirer votre lettre tant elle m’a paru littéralement et littérairement insupportable.

Mais comme il n’y a rien de pire dans la vie que l’indifférence qui n’est que mépris et dédain pour autrui, et ne serait-ce que pour cela, je me dois d’y répondre.

Pour commencer, vous me donnez du Monsieur. Sachez que je suis une femme. Et oui, Monsieur le marin, cette espèce existe ailleurs que dans les ports. Une femme donc, venue séjourner dans la maison de sa grand- mère, morte il y a peu et chargée de la vider, puis de la mettre en vente.

C’est pour moi un véritable crève-cœur. J’y ai passé de merveilleuses vacances, enfant. Ici, je me prenais pour « Heidi fille de la montagne », mon héroïne de l’époque. J’imagine que pour vous c’était le « Capitaine crochet »!

Je vous interdis d’insulter la façade décrépite, mes grands-parents étaient des gens modestes.

Votre dédain pour leurs rosiers polyanthas me donne envie de vous étrangler, ils en étaient fiers et les soignaient avec amour.

Quant à ma petite lumière, il s’agit d’une pauvre petite lampe solaire (3€50 chez Castorama et à ce prix, l’interrupteur est déjà cassé) qui m’indique le chemin des toilettes, au fond du jardin. Sachez, Monsieur le marin, que depuis toujours, l’obscurité me terrifie et que les toilettes au fond du jardin, dans nos vallées, sont encore fréquentes.

Alors, Monsieur le marin, attendez le mauvais temps, ma solaire faiblira, ou attendez mon départ dans quelques jours.

Mon conseil serait de vous trouver une île déserte où le cri de la mouette serait plus propice à votre inspiration que le cri de la chouette !

Et rangez vos jumelles, on ne peut distinguer mes rosiers polyanthas depuis chez vous sans jumelles.

Vous n’êtes pas un écrivain, vous êtes un voyeur.

Avec mes meilleures salutations,

J.P

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