Tiran

T comme tiran. J’aime bien ce mot à cause de sa proximité avec le nom du tyran, avec lequel il n’a rien, mais alors absolument rien à voir. C’est amusant aussi parce qu’il n’y a pas de y, alors que tout le monde veut en mettre un. Le tiran est une pièce, de métal en général, qui « tire » et qui empêche les murs de gonfler, de pencher, de se boursoufler. C’est cette disproportion qui me plaît : le tiran est long, relativement mince, c’est un genre de tube de fer, et à lui tout seul, bien qu’on en mette en général deux, il empêche le mur de s’écrouler. En plus il est joli : il n’apparaît sur le mur extérieur de la construction que sous la forme d’un rond de métal, plus ou moins ouvragé. Il n’a l’air de rien, et pourtant c’est lui qui tient tout. Il y a des tas de trucs petits, jolis, qui n’ont l’air de rien, et qui tiennent tout : la clé de voûte, la petite étincelle dans le moteur de la voiture, les minuscules neurones dans le cerveau, le la, les coïncidences : pourquoi lui, pourquoi ce jour-là ?

Catherine

 

 

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