Page blanche

Je m’aventure sur le rebord de la page blanche. Que vais-je écrire ? Quelle direction emprunter ? Il n’est plus l’heure de tergiverser.

Question de choix. Carrefour d’émois. Entrelacs de souhaits. Rêves de perfection. Ne pas saturer le chant des possibles. Garder le lien.

Par la ligne entrouverte, je plonge. Insatisfaction. A peine effleurées, les idées se faufilent entre l’encre et le papier, m’échappent comme des anguilles.

Par la ligne entrouverte, je survole le carrefour des possibles. Soit je pleure devant mon impuissance soit je tente ma chance. Celle d’effleurer la grandeur des mondes vers lesquels je suis attirée comme le papillon de nuit par l’éclat de la bougie.

Mes chimères me guident pour mieux me perdre. Mes rêves butent sur ma réalité. Je me sens si petite. Microscopique. N’est-ce pas le signe de ma chance ? Ceux qui s’imaginent « accomplis » gisent sans faim. La mort les tient.

Aujourd’hui, je vais vers toi par la grâce de mots choisis. Certes, je les aurais souhaité plus brillants, plus dignes de toi. Mais toi, là-bas, tu reçois et c’est ce que je souhaite. Je partage ma chance. Celle d’ouvrir des fenêtres qui donnent voix à mes peut-être.

Sophie Ducharme