Mandala

Le cercle, les feuillages, arabesques et longues tiges dessinant des fleurs, formes géométriques, points. De la mine au trait, de la couleur au remplissage d’un espace clair. Le centre à viser par la pointe bleue, jaune, orange, verte, rouge, rose, une cible absorbant les pigments.

Je suis entrée par hasard dans le dédale, conduite par la furieuse envie de décrocher, de me soustraire, de me laisser emporter par la rose, cœur aux pétales refermés. Le vert m’a saisie, j’ai lâché prise. Le bleu signe l’auréole aux confins des espaces habités. Le temps du crayonnage ne se compte pas. Le sablier des couleurs vise l’éternité intérieure.

J’ai laissé la main faire, sans desserrer les doigts, le voyage de l’âme, effaçant pas à pas les ombres grises. J’ai laissé faire la main, sous la lampe éclairée, le chemin compliqué des méandres arborés. J’ai suivi les lacets et délassé l’esprit de sa plainte silencieuse.

En deçà de la lettre M, pour ne pas dire l’au-delà, j’ai mis tout en dedans de moi un mouvement perpétuel, un agitateur de couleur.

  • Véronique