Mot

Mots

La lecture est la couverture des mots. Elle les couvre par ses paupières chaudes et humides. Il y a des paupières vivantes, éteintes ; brillantes, anéanties ; cyniques, nostalgiques ; révoltées, assagies. Les mots ont droit à toutes ces paupières posées sur leur hanche, leur visage, leur âme.

Les paupières sont en apesanteur au-dessus des mots.

L’espace qui sépare les mots des paupières contient des parfums. Ce sont les paupières qui absorbent ces parfums exhalés par les mots. Les mots peuvent donner le vertige aux paupières alors les paupières s’alourdissent, se ferment, de plus en plus.

Et la lecture s’échappe des paupières.

Sous les paupières, c’est tout le sens des mots qui vit, qui s’écoule, qui se dilue, à l’infini. C’est un espace de sens. Une multitude de sens qui s’emboîtent les uns des autres.

Les mots ont besoin de fraternité, de contact, de densité pour avoir vraiment du sens, pour avoir encore plus de sens, pour que le sens prenne tout son sens. Les mots qui se chevauchent, qui se bousculent, qui se heurtent peuvent perdre tout leur sens dans cette cohue. C’est pourquoi il faut les prendre avec délicatesse, les poser délicatement, les uns près des autres, en faisant parler la ponctuation.

Aline

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *