Jouer

Jouer à l’infinitif est un jeu emballé

Les yeux s’ouvrent avec le soleil

Le soleil ouvre dans les yeux

Il ouvre des fenêtres

Le même jeu que les abeilles

Le même jeu que dans les cieux.

Alors chaque matin est beau

Et construire est un jeu,

Je puise dans le vocabulaire

J’avance les petits chevaux

Je descends le ciment

Je monte les agglos

Je suis l’architectre,

Je mets du vent dans les fenêtres

J’ouvre un corridor

Et,

Allez dans les buissons

Allez les passions

Allez les poissons

Allez dans les bassins du maçon

Dessinez de couleurs

Un arc-en-ciel,

L’étoilée candeur,

On s’en balance

Le soleil blanchit

Les oiseaux s’envolent

Et le soleil descend,

Les arbres s’affolent,

Voici l’édifice monté à l’encre

À l’envers, en équilibre

Voici du sang dans le ciment

Et de la chaux dans le ventre

Au laser, de niveau les atomes

En arrière, de plâtre les fantômes,

Construire encore

Dieux que le temps nous dévore.

Lumière sans initiale

Merveilles dans la faïence

Architecture sans futur,

Jouez.

 

Léo Niel