Bascule

Le jour d’avant, la vie n’annonce rien. Ou alors, elle annonce mais on n’a pas envie d’entendre, on ne peut pas entendre. Les signes sont infimes, ils résonnent comme un écho en fin de parcours dans la montagne. Le jour d’avant, tout est déjà prêt pour que surgisse l’évènement qui fera basculer le cours pourtant si lisse du temps qui passe. Catastrophe ou

Chaque jour d’avant est potentiellement précurseur d’un bouleversement. Normalement on ne voit rien. Parce qu’il en faut plus. Il faut une bascule radicale. Il faut la pagaille, la perte des repères. Le vide. La peur. L’abîme.

Le jour d’après, on se demande pourquoi on n’a rien vu venir. Comment on a fait pour être aussi aveugle, aussi loin de soi, des autres, pour n’avoir pas compris. Prévu. Peut-être qu’alors il n’y aurait pas eu de jour d’avant. Ni de jours d’après. La vie normale, rassurante, quotidienne. La vie qui fait suer, râler, oublier l’essentiel. Ces jours où l’on se pousse vers on ne sait plus quoi, jusqu’à négliger les signes qu’elle envoie pour ne pas l’oublier, la vie.

Qu’elle soit d’avant ou d’après, la vie bouscule.

Faut pas que je la néglige, faut pas que je l’enterre, la vie. Sinon c’est forcément la mort qui prendra le dessus. La bascule peut être fatale, et là il n’y aura plus de jours d’après. Cultiver le moment présent, le sillon de ma vie.

Sophie Ducharme

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