Bruit

 Écrire dans le bruit c’est la douleur. La douleur parce qu’il faut s’accrocher aux mots glissants. Écorchures. Cacophonie irritante. La peau crispée. L’humeur abîmée. Le bruit s’intensifie. La tension perdure et l’attention se perd. Impossible de dire dans le bruit.

Accalmie éphémère.

Le bruit revient. Les mots, ensemble, emmêlés les uns les autres. Bruit envahissant. Laisser couler le bruit. Cascade bruyante qui glisse sur les roches. Roches immobiles, les mots attendent. Attendre que la vitesse du bruit ralentisse.

Faire mourir le bruit.

Le bruit n’aime pas la solitude. Le bruit est l’ennemi de la solitude. Le bruit est contre la pensée. Les voix se bousculent. Les mots se chevauchent. Les voix s’agitent.

Solitude dans la multitude.

 

Aline Bertaudon

4 réflexions au sujet de « Bruit »

  1. « Le bruit a un avantage. On ne peut pas y entendre les mots », disait Kundera.
    Parfois le bruit de nos pensées nous empêche de dire, il nous sème, parasite tout, pour mieux nous noyer dans la solitude et l’indicible.Ton texte nous décrit bien cette angoisse…

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