Attente

Il est autour de 7 h, le matin donc.

Bien sûr mon réveil est plus précis que cela. C’est juste le temps que je mets, autour de 7h00 pour profiter encore de la douceur de la couette, de la chaleur de l’homme aimé près de moi. Oublier de m’étirer puis le regretter plus tard. Penser douche-café et m’extraire enfin du lit que je rêve de rejoindre ce soir. Jeter à terre le voile de coton qui me protège de la nuit plus froide encore que la température automnale. Sentir sur ma peau les frissons de l’inconfortable nudité avant de recevoir le plaisir de l’eau résillante ATTENDRE longtemps sous son jet que mon corps et mon esprit reprennent vie et s’accordent à revenir au sec sous l’éponge douce d’un peignoir élimé.

Croiser le miroir sans rancœur il me restitue ce que je suis devenue, à peine différente de ce que j’ai toujours été, peut- être même un peu mieux…plus affirmée, confirmée.

Choisir des vêtements confortables et joyeux peut être même gracieux et les ‘enfiler encore à peine séchée, pour cela je préfère les robes légères mais à oublier….l’été vient de mourir.

Je me bats donc avec la toile rebelle, pourquoi la mode m’impose encore ce souci de vêtements si ajustés ou serait ce mon corps qui déborde un peu…

Escalier, direction café corsé, dernière électrisation pour réveil complet. Je suis en parfaite possession de tous mes moyens et quitte en hâte ma maison que j’ai rafraîchie de quelques courants d’air.

Je m’installe au volant de ma voiture….s’il n’a pas plu elle sent un peu la vanille et un peu aussi la miette de pain oubliée. S’il a plu elle sent un peu la vanille et surtout le vieux sandwich pas achevé. Dans ses vides poches j’ai glissé des livres, des plans, des bons plans, des cartes, des cartes de visite et quelques biscuits qui ramollissent. Une bouteille d’eau bien sûr aux pieds du passager éternellement absent.

Un plaid à l’arrière, voisin d’un chapeau de paille me rassurent et me garde de tout excès météorologique.

L’ATTENTE pourrait débuter là….mais pas encore. Je fais durer…le plaisir de la route, musique ou INFOS, non les nouvelles sont encore si mauvaises, musique, quelques embouteillages, quelques paysages et j’arrive à destination.

Je m’assieds là dans ce lieu à qui elle dédie son nom, cette salle d’ATTENTE, c’est bien ici que débute mon ATTENTE temps mort ou infiniment vivant selon ce que je vais m’y accorder. Je prends mes aises, révise mes envies et me vautre avec délice dans l’ATTENTE .

BN

 

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